Nouvelle législature, nouvelle vie
Une nouvelle législature commence. Une nouvelle vie pour nombre de femmes et d’hommes de notre canton qui ont accepté d’embrasser ce métier, un peu étrange, qu’est celui de municipale ou de municipal.

Revêtir l’habit de membre d’une municipalité n’est pas chose aisée. C’est un engagement magnifique, mais aussi astreignant. Travailler pour sa commune constitue une tâche complexe, pour laquelle aucune formation prédéfinie n’existe, sauf peut-être celle de citoyen engagé ici ou là dans une société locale. Il s’agit de concilier mille activités qui exigent un sens aigu du dialogue autant qu’une capacité à décider, à rassurer, à expliquer.
L’engagement municipal est rendu d’autant plus délicat que la société est soumise à une évolution rapide, avec, de la part de la population, son cortège d’attentes, qui se multiplient, et d’espoirs innombrables qu’il faudra peut-être décevoir. La fonction est rude, mais passionnante ; j’ai l’ai expérimentée durant 23 ans.
C’est dans ce contexte où tout s’accélère, où l’agitation permanente semble dominer, où le changement est omniprésent, que la commune s’impose comme une étape clé de notre vie politique. Premier échelon de notre pyramide institutionnelle, la commune en constitue le socle. Les autorités qui en sont à la tête sont celles auxquelles on s’adresse en premier lieu : elles sont peuplées de visages connus, que l’on croise dans le quotidien de la vie locale. Le lien s’établit plus vite.
Plus que jamais, la commune est un gage de stabilité, dans un monde en effervescence. Elle n’en est pas moins fragile. C’est elle qui doit mettre en œuvre et gérer les réglementations qui ruissellent régulièrement des étages confédéraux et cantonaux. En bout de ligne institutionnelle, c’est la commune, par sa municipalité active sur de nombreux fronts, qui doit traduire dans la réalité des décisions auxquelles elle n’a pas toujours pu participer.
Les communes jouissent d’une large et précieuse autonomie. Mais celle-ci n’est pas facile à manier. Elle ouvre néanmoins de riches perspectives. Dans la politique concrète où elle se meut, elle est le lieu où la recherche de l’équilibre, cette clé de voûte d’une vie politique pacifique et proche des gens, peut être mise en œuvre avec le plus de force.
Si la société évolue à un rythme effréné, les institutions suivent plus lentement, et peut-être n’est-ce pas si mal. Aucune action ne serait possible si les règles du jeu étaient modifiées au moindre à-coup de l’actualité. Les autorités communales doivent évidemment s’adapter, mais elles sont là pour calmer les esprits et entretenir un cadre pérenne. Elles peuvent même pondérer cette rapidité oppressante, réinjecter de l’humanité dans la gestion collective grâce à la proximité qu’offre l’entité communale.
En un temps où le « local » s’offre à la population comme un refuge face à la fébrilité du monde moderne, la commune se doit de tenir son rythme. Quand tout s’emballe, elle constitue un moment où la politique reprend son souffle. Les communes et leurs autorités doivent évoluer, mais sans s’éloigner des multiples réalités de la population.
Cette recherche d’équilibre, dont la vie politique a besoin et dont la commune est un acteur central, ne peut s’épanouir que dans une collaboration fine et confiante avec le Canton. C’est dans cet esprit que ce dernier met à la disposition des communes des instruments destinés à soutenir et former les municipaux, nouveaux et anciens, auxquels je ne répéterai jamais assez ma reconnaissance.
Notre société n’a jamais eu autant besoin de l’échelon communal. Bonne législature à toutes et à tous !
Frédéric Borloz,
Conseiller d’Etat, chef du Département de l’enseignement et de la formation professionnelle

