La transplantation dans le cadre des permis de construire
Face à la densification du territoire et à la multiplication des projets de construction, la préservation du patrimoine arboré est devenue un enjeu majeur. Depuis l'entrée en vigueur de la LPrPNP, le 1er janvier 2023, les arbres bénéficient d'une protection renforcée (dès 40 cm de circonférence), conduisant les autorités, les propriétaires et les promoteurs à considérer avec davantage d'attention les solutions alternatives à l'abattage, à l’image de la transplantation.

Lorsqu'un projet de construction entre en conflit avec un arbre protégé, la transplantation peut être étudiée comme mesure exceptionnelle d'évitement à l’abattage. Cependant, cette solution ne peut pas être systématiquement retenue. Elle se décide avec l’aide d’un spécialiste de l’arbre et repose sur plusieurs critères :
- l’espèce, le système racinaire et de la faculté de régénération de l’arbre
- la dimension de la plante actuelle
- du temps passé depuis sa plantation
- le calendrier d'exécution des travaux (cernage, sevrage, transplantation, entretien)
- la possibilité de préparer la plante à la transplantation (1 à 3 ans)
- le choix ainsi que la préparation adéquate du nouveau site d'implantation
Transplanter plutôt qu’abattre : un défi ambitieux non sans risque
Plus l'arbre est jeune et sa plantation récente, meilleure est la probabilité de réussite. D’une manière générale, les arbres ayant une circonférence de tronc supérieure à 60 cm ont une reprise beaucoup plus délicate.
Des essences comme les platanes, les micocouliers et les charmes réagissent bien à cette pratique.
Un organisme vivant fortement perturbé
Un arbre ne peut pas, être déplacé sans subir un stress considérable. Son système racinaire, qui peut s'étendre bien au-delà de la projection de son houppier, est inévitablement amputé lors de l'extraction. Il est impossible, lors de l'arrachage, de prélever l'intégralité du système racinaire. Cette perte de racines réduit fortement la capacité de l'arbre à absorber l'eau et les éléments nutritifs. Il en résulte un déséquilibre physiologique qui peut se manifester par un ralentissement de la croissance, un dépérissement partiel du feuillage ou encore une sensibilité accrue aux maladies et aux parasites.
Une opération qui se prépare plusieurs années à l'avance
Ces travaux ne s’improvisent pas, la la préparation racinaire doit être réalisée un à trois ans avant le déplacement. Cette étape de section des racines sur le pourtour (cernage) consiste à stimuler la formation de nouvelles racines proches du tronc afin de faciliter la reprise après transplantation. Le choix de la saison est également déterminant, généralement durant la période de repos végétatif (de fin octobre à mi-mars). Après la transplantation, un suivi attentif est indispensable pendant plusieurs années. Arrosage, haubanage, contrôle phytosanitaire et taille d'accompagnement représentent des coûts parfois significatifs qui doivent être intégrés le budget du projet.
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