La sauvegarde de la biodiversité est de notre responsabilité à tous

De toutes les crises écologiques, l’érosion de la biodiversité est une des plus préoccupantes et elle n’épargne pas notre pays. L’heure est donc à l’action. La Direction générale de l’environnement, en collaboration avec les autres services cantonaux et les communes, mène depuis plusieurs années des actions à divers niveaux en faveur de la biodiversité. La dernière initiative en date: la journée citoyenne contre les plantes envahissantes qui s’est déroulée le long de la Sarine à Château d’Oex.

Photo d'illustration d'archives
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Publié le 30 septembre 2015

L’Académie suisse des sciences a récemment dressé un constat alarmant. Malgré les efforts entrepris ces dernières années à travers le pays, la biodiversité continue de s’appauvrir en Suisse et un tiers des espèces animales et végétales est menacé en Suisse. La dégradation de notre environnement n’attend pas les décisions politiques. A chacun donc de prendre ses responsabilités.

Evolution des mentalités

Dans cette prise de responsabilité, le canton et les communes ont un rôle essentiel à jouer, notamment en sensibilisant la population. La journée citoyenne contre les plantes envahissantes organisée à Château-d’Oex au mois d’août par le Parc naturel régional Gruyère-Pays-d’Enhaut s’inscrit dans cet esprit. Les communes de Lausanne et de Pully ont aussi décidé de s’engager dans cette lutte contre les néophytes en adoptant une charte d’engagement.

Depuis quelques années, la problématique des invasives prend en effet de l’ampleur. Au niveau mondial, elle est considérée comme la deuxième cause de la perte de la biodiversité. Même le Parlement s’en est ému. Il a chargé le Conseil fédéral de présenter une stratégie nationale sur l’endiguement de ces espèces. L’Office fédéral de l’environnement travaille sur ce projet depuis 2012 et une consultation est en cours. En attendant les propositions fédérales, toutes les initiatives sont les bienvenues, d’où l’importance de l’implication des cantons et des communes.

Des actions à l’échelle du canton

La préservation de la biodiversité constitue l’une des priorités de la politique environnementale de notre canton et elle figure dans le programme de législature du Gouvernement. La réalisation du réseau écologique cantonal constitue l’un des principaux leviers d’action. Mais de nombreuses actions sont aussi menées chaque année au nom de la biodiversité afin de sauvegarder nos ressources naturelles. Je pense en particulier à la Convention signée entre l’Etat de Vaud et 6 propriétaires forestiers du Pays-d’Enhaut. Cette convention a permis la création de la plus grande réserve forestière du canton de Vaud. 620 hectares de surface forestière sont ainsi laissés à leur dynamique naturelle pour au moins 50 ans, à la Pierreuse, sur le territoire de la Commune de Château-d'Oex. Une mesure cruciale, quand on sait que les forêts sont les poumons de la planète.

Les communes au front

La préservation des forêts, qui abritent 80% de la biodiversité terrestre, préoccupe aussi les communes. Ainsi la commune de Suchy met sur pied tous les quatre ans les Journées de la forêt afin de rendre attentive la population aux enjeux et à la richesse de la forêt vaudoise et de l’inciter à adopter les comportements adéquats. Genolier apporte elle aussi sa contribution : elle a récemment fait du Bois de Chênes la plus grande réserve forestière de plaine du canton. Quant à Baulmes, elle a reçu il y a quelques mois le prestigieux Prix Binding en récompense de la gestion durable de ses forêts et la préservation de très vieux arbres.

De la vie dans les rivières

Les rivières constituent aussi des milieux naturels que nous nous devons de protéger. Depuis 2010, 36 projets – renaturations et remises à ciel ouverts – ont été menés dans le canton. 46 passes piscicoles ont aussi été réalisées pour permettre le développement des populations de poissons dans les cours d’eau. La DGE a par ailleurs finalisé il y a peu une planification stratégique en matière de renaturation. Au total, plus de 470 kilomètres de cours d’eau, sur les 6000 que compte le canton de Vaud, ont été identifiés comme pouvant faire l’objet d’une renaturation prioritaire.

Il y a bien d’autres des projets. Nous devons toutefois continuer à nous mobiliser et à renforcer les initiatives visant à gérer, conserver et développer tous les types de biodiversité. C’est le prix à payer pour sa survie. Et pour la nôtre. En effet, essayons un instant de nous projeter dans un monde où, pour ne prendre qu’un exemple, la pollinisation ne serait plus assurée. Personnellement, je n’y arrive pas. Et vous ?

 


Jacqueline de Quattro,
Conseillère d’Etat en charge du territoire et de l’environnement