Les pieds d’arbres végétalisés : entre biodiversité urbaine et contraintes d’entretien
Dans un monde qui se minéralise davantage, les petits espaces situés au pied des arbres en ville, longtemps laissés nus ou recouverts de terre compactée, voire de matériel minéral, accueillent aujourd’hui des fleurs, des plantes vivaces, des graminées ou encore des plantes mellifères. Cette pratique suscite parfois de l’incompréhension : voilà pourquoi il est nécessaire de communiquer à leur sujet.

Quand on mesure la difficulté de trouver de la place pour la nature en ville, les pieds d’arbres représentent une opportunité pour planter, semer ou végétaliser en pleine rue. En introduisant une diversité de fleurs et de végétaux adaptés, ces espaces deviennent de véritables refuges pour de nombreux insectes pollinisateurs.
Entre les plantes hautes et les végétaux couvrants, ils offrent également des abris pour la petite faune : insectes, vers de terre ou micro-organismes essentiels à la qualité des sols.
Des bénéfices pour l’arbre et le sol
Les végétaux couvrants protègent le sol contre le tassement provoqué par le piétinement et l’érosion due aux intempéries. Ils limitent aussi l’évaporation de l’eau en période chaude, contribuant ainsi à maintenir une meilleure humidité autour des racines. On peut aisément les combiner avec un paillage de type miscanthus ou écorce de pin réduisant également la prolifération des herbes indésirables.
L’entretien reste néanmoins un point de vigilance. Même si certaines plantations nécessitent peu de soins, un minimum de suivi demeure indispensable : arrosage durant les premières années, désherbage et enlèvement des adventices (ce l’on appelle également « mauvaises herbes »), taille ou remplacement des plantes mortes. Sans entretien régulier, ces espaces peuvent rapidement perdre leur intérêt esthétique.
Autre point sensible, les dégradations urbaines. Les pieds d’arbres sont parfois piétinés, utilisés comme zones de stationnement ou soumis aux déjections canines. On peut y remédier en installant une barrière physique.
En ce qui concerne la création de ces milieux, dans certains cas, la première étape consiste en une analyse des sols des pieds d’arbres existants. Il est conseillé de privilégier un matériel pauvre, de type sol rudéral (partiellement composé de gravier avec un peu de matière végétale), pour favoriser une bonne résistance à la chaleur et sélectionner des plantes adaptées aux endroits secs et chaud.
Quant aux choix des plantes des espèces vivaces sont à privilégier, même si certaines s'épanouissent selon la "règle des 3 ans" : enracinement la première année, développement la deuxième, puis floraison abondante, la troisième. Pour davantage de rapidité, il existe des vivaces en rouleau - bande de fleurs ayant déjà quelques années que l’on déroule sur le sol. Leur prix de mise en place cependant est plus onéreux. Une autre variante consiste à planter des vivaces déjà développées et à semer le reste de la surface.
Direction générale de l'environnement (DGE)

