La chaleur, un cas d'école
Cela a commencé en mai et c'est encore le cas en septembre. 2026, année des records de chaleur, année des canicules, dont certaines en période scolaire. La chaleur est partout, bien sûr. À la maison, au travail, dans les vieux bâtiments comme dans les nouvelles constructions.

Cela a commencé en mai et c'est encore le cas en septembre, à l'heure d'écrire ces lignes. 2026, année des records de chaleur, année des canicules, dont certaines en période scolaire.
La chaleur est partout, bien sûr. À la maison, au travail, dans les vieux bâtiments comme dans les nouvelles constructions. Il est vrai que jusqu’à récemment, l’objectif des normes et lois a toujours été de se protéger du froid, pas le contraire. L'école n'y échappe pas.
Cette année, c'est tout le pays, comme ses voisins, qui se demande dans quelle mesure cet été 2026 annonce les prochains millésimes. L'avenir le dira. Mais quelle que soit l'ampleur du phénomène nous devons continuer à nous y préparer. Ce numéro de "Canton-Communes" présente ce qui a déjà été mis en place et quelles sont les perspectives.
L'affaire est complexe. À l'école obligatoire, le Canton pourvoit le contenu, les communes le contenant. D'Yverdon à Château-d'Œx, de Moudon à Vallorbe, les conditions ne sont pas les mêmes. Parfois même dans une même commune cela peut varier. Il faut donc à la fois un cadre général et des mesures ciblées, en lieu et en temps.
Depuis deux ans, les directions d'établissements ont un guide, doté d'une check-list, pour mieux appréhender les épisodes de chaleur. L'aération nocturne des bâtiments, par exemple, tombe sous le sens, mais n'est pas toujours si simple à mettre en place. En juin, lorsque les enjeux de l'année sont derrière, il peut être plus facile, selon les endroits, d'organiser des activités à l'extérieur, à l'abri du soleil.
Tout cela ne suffit pas. Dans ce même mois de juin, il y a des examens. À la rentrée, les choses sérieuses commencent vite. Il faut donc aussi agir sur les bâtiments. À moyen et long terme, on pourra adapter, rénover, végétaliser. Le Canton fera sa part sur les gymnases et écoles professionnelles dont il a la responsabilité et il accompagnera les communes chaque fois que possible, à l'image des subventions disponibles pour développer des préaux arborisés.
Aller plus loin, concrètement, c'est mener à bien ce monitorage thermique de tout le parc scolaire annoncé en cette rentrée. Cela permettra de prendre les nécessaires mesures bien adaptées localement. Et puis, au postobligatoire, des tests de ventilation au plafond des classes vont commencer; des communes ont également lancé des expériences similaires. Elles pourront profiter des expériences faites sur le terrain et de la cartographie des relevés.
Les réflexions et préparations vont s'échelonner toute l'année. Il faudra avoir progressé dans la gestion du chaud si de tels épisodes se manifestent l'an prochain. Dans ce dossier, comme dans d'autres, le travail en bonne intelligence et cohérence entre l'État et les communes est fondamental. C'est même un cas d'école.
Frédéric Borloz,
Conseiller d’État, chef du Département de l’enseignement et de la formation professionnelle

