
Rester chez soi plus longtemps grâce à un logement adapté
Le Canton introduit dès juillet 2026 une aide à l’adaptation du logement des seniors (ALO). Un soutien concret pour les personnes retraitées qui souhaitent continuer à vivre chez elles. Bailleurs et propriétaires ont aussi un rôle à jouer, avec des bénéfices certains à la clé
On dit aux jeunes qu'il faut quitter le nid familial pour gagner son indépendance. Passé un certain âge, c'est souvent en restant chez soi qu'on peut la conserver. Dès juillet 2026, le Canton de Vaud soutient cette démarche avec l'aide à l'adaptation du logement pour seniors (ALO) : une aide individuelle pouvant aller jusqu’à 3000 francs par personne destinée aux personnes retraitées domiciliées dans le canton qui souhaitent aménager leur logement pour continuer à y vivre en sécurité.
Transformer une salle de bain, aplanir les seuils ou installer une main-courante : des ajustements souvent simples, mais décisifs pour prévenir les chutes et retarder un déménagement en établissement médico-social.
Comment obtenir cette aide ?
La démarche commence par une discussion avec son médecin traitant. En cas de besoin, celui-ci prescrira un suivi auprès d'un-e ergothérapeute, qui rédigera un compte-rendu avec des propositions d'adaptations concrètes. Les mesures varient selon les besoins : faciliter les déplacements dans les espaces de vie, sécuriser les gestes du quotidien comme se laver ou cuisiner. La demande est ensuite déposée auprès de la Direction générale de la cohésion sociale (DGCS). Les locataires doivent en outre obtenir l'autorisation de leur bailleur ou propriétaire, nécessaire pour compléter le dossier.
L’accord du bailleur/propriétaire : une étape clé
L’avis médical obtenu, les locataires doivent encore obtenir l’autorisation de leur bailleur/propriétaire, nécessaire pour déposer la demande. « Une posture proactive des bailleurs est importante pour le succès de l’ALO et pour la faire connaître auprès des séniors », commente Roberto Di Capua, responsable de l’unité politique du logement et de l’habitat de la Ville de Lausanne. La commune a collaboré avec la DGCS durant la phase-test de l’ALO, en identifiant deux bénéficiaires – parmi les 175 séniors qui résident dans le parc immobilier géré par la Ville – et en les accompagnant durant le processus de demande : « Le diagnostic médical a été posé début mai et la procédure a bien suivi son cours jusqu’à la confirmation d’octroi du Canton. Ces deux personnes devraient disposer d’un logement adapté dans le courant de l’été », se réjouit Roberto Di Capua.
Cette aide financière devrait inciter les gérances et propriétaires à soupeser les avantages potentiels pour leur parc immobilier : « L’ALO peut pousser certains bailleurs à accepter plus facilement des travaux, et ainsi bénéficier de logements adaptés pour répondre à une demande en constante augmentation, explique Roberto Di Capua. En situation de pénurie, on peut fluidifier la mobilité résidentielle, en suggérant à un sénior qui occupe un grand logement de déménager dans un logement adapté à sa situation pour permettre l’installation d’une famille. » Ce type de logement devient alors un argument et une plus-value pour éviter la sous-occupation ou la suroccupation des biens.
Monsieur Di Capua rappelle que certains changements peuvent d’ailleurs profiter à tous les locataires : « L’ajout d’une rampe ou l’électrification de la porte d’entrée de l’immeuble soulage aussi des personnes qui arrivent avec un chargement ou même un parent avec une poussette. En fait, certains ajustements permettent plus généralement de valoriser le patrimoine bâti. »
Une liste des nombreux aménagements possibles, le rappel des étapes pour demander l’ALO et une brochure sont disponibles sur www.vd.ch/alo.




