
Vaud redessine sa carte sociale pour mieux accompagner la population
Le Conseil d’Etat vient de soumettre au Grand Conseil le projet de loi pour la modernisation de l’action sociale vaudoise. En transformant des Régions d’action sociale (RAS) en Établissements régionaux d’action sociale (ERAS) aux contours harmonisés avec l’action médico-sociale, la réforme vise à renforcer la cohérence et l’efficacité du soutien aux Vaudoises et aux Vaudois.
Pour mieux répondre aux besoins de la population, le Conseil de politique sociale (CPS) a validé à l’unanimité en mars le remodelage des dix Régions d’action sociale (RAS) en sept Établissements régionaux d’action sociale (ERAS), alignés sur les contours des associations et fondations d’aide et de soins à domicile. Le Conseil d’Etat vient d’adopter le projet de loi qui devra être traité prochainement par le Grand Conseil. Le nouveau modèle, élaboré en étroite concertation avec les régions, permet de clarifier les responsabilités et poursuit la dynamique collaborative en créant un comité de pilotage exécutif commun.
Aligner le découpage territorial avec l’action médico-sociale
Les futurs ERAS poursuivront l’ensemble des missions actuelles des RAS, tout en renforçant l’approche populationnelle et la proximité avec les structures d’aide et de soins à domicile. Ainsi, les personnes suivies bénéficieront d’intervenants se connaissant et travaillant en étroite collaboration sur un même territoire. Par exemple, une personne âgée sortant de l’hôpital qui a besoin d'aide et de soins à domicile ainsi que d’un appui social pourra bénéficier d’un accompagnement coordonné tout au long de sa prise en charge. Les infirmiers du Centre médico-social (CMS) interviendront en lien avec un assistant social du Centre social régional (CSR) pour organiser les soins et évaluer, si besoin, l’accès à des prestations complémentaires AVS/AI (PC). Les démarches pour les usagers seront ainsi simplifiées, la détection précoce facilitée, des ruptures de parcours évitées et la continuité du suivi renforcée. Une réponse indispensable à l’augmentation des situations complexes, amplifiée par le vieillissement de la population, la hausse de la précarité liée à des questions de santé et les difficultés psycho-sociales rencontrées par une partie de la jeunesse.
L’ancrage local, pilier de l’action sociale
Pilier de l’action sociale vaudoise, l’ancrage local sera consolidé. Le service social de Lausanne conservera son statut d’administration communale et le réseau de guichets existants restera en place partout dans le canton. Les communes pourront continuer à développer leurs propres prestations ou mettre en place des actions sociales régionales en partenariat avec leur ERAS, qui demeure leur interlocuteur privilégié.
Aucun impact sur les emplois, des gains dans la gestion
Pour les 900 collaboratrices et collaborateurs concernés, la réforme n’entraînera ni suppression de poste, ni baisse de salaire, ni suppression de lieu de travail. Dans les régions appelées à fusionner, une grille salariale harmonisée sera négociée. Les directions appelées à fusionner seront accompagnées et leurs compétences mobilisées dans les futures structures.
Sur le plan financier et organisationnel, les autorités misent sur les synergies : meilleure coordination des flux liés au revenu d’insertion, réduction des coûts indirects, simplification du pilotage. Cette meilleure coordination et une gouvernance clarifiée doivent aussi permettre d’affronter plus efficacement les risques de pénurie de personnel dans le secteur social et médico-social.
Prochaines étapes
Après l’adoption de la loi par le Grand Conseil, les ERAS seront formellement créés et le transfert des activités aura lieu au 1er janvier 2027. Canton et Communes partagent la conviction que cette réforme constitue un levier pour renforcer le dispositif social vaudois en le rendant plus cohérent, réactif et proche des réalités du terrain.




