Les langues du passé ont, plus que jamais, un futur !

Le Département souhaite promouvoir l’enseignement du latin et du grec et le rendre plus visible. Il propose un plan d’action et nomme une déléguée aux langues anciennes.

Publié le 28 octobre 2021

Les enseignantes et enseignants latinistes et hellénistes n’ont aucun doute à ce propos: étudier le latin et le grec forme l’esprit d’analyse, aide à l’apprentissage des langues modernes, élargit la culture générale et permet aux jeunes de mieux comprendre notre présent à la lumière du passé.

Pour en convaincre les parents et les élèves, un plan d’action est mis en place depuis la rentrée du mois d’août.

Quelques mesures proposées dans le plan d’action, échelonnées sur 4 ans

  • Une meilleure information sur le contenu des cours, par le biais d’une capsule vidéo et d’un flyer.
  • Une offre en moyens d’enseignement numériques comme compléments au manuel Forum.
  • Un recensement de l’offre culturelle en lien avec l’Antiquité (dans les musées, les théâtres, les ateliers proposés par l’UNIL), notamment pour faciliter l’accès au riche patrimoine archéologique romand.
  • Une consolidation des liens entre les différents niveaux d’enseignement (secondaire 1, secondaire 2, UNIL et HEP).
  • Enfin, un encouragement auprès des directions d’établissement, au secondaire 1 et 2, pour une ouverture des classes sans effectif minimal, avec l’engagement de moyens supplémentaires pour les établissements qui en feraient la demande.

Concours cantonal sur le thème de la santé et de la médecine

De plus, pour montrer ce qui se fait dans les cours, un concours entre classes de latin et/ou de grec du secondaire 1, sur le thème de la santé et de la médecine dans l’Antiquité, est organisé sur toute cette année scolaire. 

Les élèves présenteront un projet (sketch, exposition, jeu vidéo, journal, court métrage, webradio, et caetera) dont les qualités seront évaluées par un jury. Les élèves latinistes et hellénistes pourront ainsi faire part de leur enthousiasme, mettre en avant leurs talents et se rencontrer dans une ambiance ludique et créative !

Nomination d’une Déléguée aux langues anciennes

Pour superviser ces différents projets, un poste de Déléguée aux langues anciennes a été créé. Engagée par la DGEO et de la DGEP pour une période de 4 ans, mais continuant mon enseignement au gymnase du Bugnon, je suis heureuse d’avoir l’opportunité de défendre une cause qui me tient à cœur depuis de nombreuses années. 

Vous l’aurez donc compris: un vent favorable souffle pour les antiquisantes et antiquisants. Visibilité, attractivité… et modernité ! Voici les mots-clés à retenir à propos des démarches en cours.

Les langues du passé ont, plus que jamais, un futur !

Emilie Suter – Déléguée aux langues anciennes

 

OCTODVRVS: PER SAECVLA AMBVLARE

Octodure: une déambulation à travers les siècles

Nous sommes en 57 avant Jésus-Christ. Le bourg d’Octodure est le décor d’une bataille sanglante entre la légion de Galba et les Véragres, habitants de la région. César lui-même a décrit les événements dans son De Bello Gallico. En ce jour du 8 septembre 2021, les latinistes en 3ème année dans les gymnases vaudois suivent leurs traces.

Nous, latinistes du XXIème siècle, avons eu l’incroyable, l'inoubliable, l'incommensurable, — notez l’homéotéleute — chance de visiter cette merveilleuse ville qu’est Octodure (Martigny). Cette journée, encadrée par nos enseignantes, enseignants et des spécialistes universitaires, a commencé par une présentation du site antique par François Wiblé, ancien archéologue cantonal valaisan. Les élèves ont ensuite été répartis en groupes afin de participer à quatre ateliers différents.

Ainsi, François Wiblé nous a présenté divers sites de l’antique cité: une cave romaine presque intacte, la domus du Génie domestique et celle de Minerva, puis les thermes d’Octodure, situés sous la patinoire de la ville. L’eau chaude et les chaudières des thermes ont été recouverts de glace: ironie du sort.

La deuxième activité a été consacrée à une visite interactive du mithraeum, un sanctuaire dédié au dieu du Soleil d’origine iranienne, Mithra. Ces vestiges ont été découverts en 1993, lors de la construction d’un immeuble.

La suite de la journée s’est déroulée à la fondation Gianadda avec une visite renversante du musée gallo-romain, commentée par Michel Fuchs, enseignant d’archéologie classique à l’UNIL, puis avec un atelier d’épigraphie animé par Michel Aberson et Romeo Dell’Era, eux aussi enseignants universitaires.

Grâce à cette journée spéciale, nous avons pu en apprendre plus sur le passage des Romains en Helvétie et faire des liens avec nos cours, notamment avec l’unique document littéraire sur la bataille entre Galba et les Véragres, une relation de la Guerres des Gaules que nous avions traduite en classe. Nous avons également pu nous rendre compte de l’aptitude hors pair déployée par les Romains à franchir les obstacles naturels, même avec plusieurs légions. Décrypter et interpréter les objets de la vie quotidienne récoltés in situ nous a permis, en quelque sorte, d’insuffler vie aux ruines et de communiquer, à travers les siècles, avec nos lointains ancêtres.  

En outre, rencontrer de nouvelles et nouveaux latinistes venant de tout le canton a été une expérience particulièrement enrichissante: échanger avec des camarades partageant cette même passion de l’Antiquité a permis de tisser des liens entre gymnasiens, dans le cadre ensoleillé d’une journée marquée par la convivialité.

Julie Gindro et Samuel Meyer - Gymnase de Morges

Photo: Journée des latinistes, atelier d'épigraphie avec Michel Aberson à la Fondation Gianadda.

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